Utilisation L'uranium est un élément naturel radioactif. On l'utilise à deux fins principales: la fabrication de bombes et la production d'électricité. Ces deux usages qu'on en fait ne sont pas mutuellement exclusifs. Ce métal sert aussi depuis quelques années à fabriquer le blindage de chars d'assaut et de projectiles. Le Canada est le premier pays à avoir exploité l'uranium. C'est à Port Radium (T.N.-0.) que se trouve le site de la première mine d'uranium au monde. Le Canada est aussi le premier pays à avoir fait l'affinage de ce métal. Tout l'uranium utilisé dans le cadre du projet de la bombe atomique de la Deuxième guerre mondiale a été affiné à Port Hope en Ontario. Une bonne part de l'uranium utilisé dans les armes nucléaires de la course aux armements de la guerre froide provenait des mines de Port Radium et de Rayrock (T.N.-O.), de Uranium City (Sask.) ainsi que de Bancroft et Elliot Lake (Ont.). Les ventes militaires prirent fin en 1965; tout l'uranium exploité par la suite a été vendu comme combustible de réacteur. Le Canada est toujours le premier producteur et exportateur mondial d'uranium. La majorité de l'uranium produit au pays vient maintenant des riches gisements de la bordure du bassin d'Athabaska, dans le nord de la Saskatchewan. On exporte cet uranium partout à travers le monde. Les États-Unis, le Japon, l'Allemagne, la Suède, l'Espagne et la Finlande comptent parmi les principaux pays acheteurs. Les pays qui achètent l'uranium canadien doivent promettre de ne pas l'utiliser pour en faire des armes. Mais récemment, en Saskatchewan, une commission d'évaluation environnementale a fait savoir qu'il y avait des preuves comme quoi une partie de l'uranium canadien finit toujours par se retrouver dans des bombes atomiques. Le traitement du minerai On trouve de l'uranium un peu partout dans la croûte terrestre, mais il est concentré en gisements dans certains types de roches. Les gisements qui se trouvent près de la surface sont exploités dans des mines à ciel ouvert, alors que ceux en profondeur requièrent des installations souterraines. On trouve habituellement un concentrateur attenant à ces mines. C'est là qu'on broie la roche et qu'on concentre l'uranium qui s'y trouve. La plus grande part de cette roche broyée est rejetée sous forme de sable et de boue qu'on appelle résidus; ceux-ci sont radioactifs et demeurent nocifs pendant plusieurs centaines de milliers d'années. Le concentré d'uranium, appelé yellowcake subit ensuite plusieurs transformations chimiques. Au Canada, on l'envoie par camion vers les affineries ontariennes de Blind River et de Port Hope, qui travaillent en tandem pour transformer le yellowcake (1) soit en oxyde d'uranium, le combustible des réacteurs canadiens CANDU (2) soit en hexafluorure d'uranium, pour être enrichi et ensuite exporté En le chauffant légèrement, l'hexafluorure d'uranium (ou hex) passe à l'état gazeux et peut alors être «enrichi». On utilise l'uranium enrichi dans presque tous les réacteurs de recherche, dans la plupart des réacteurs de fabrication non canadienne servant à produire de l'électricité, et dans les bombes. L'enrichissement de l'uranium est une technique de haute technicité et aussi d'importance stratégique, puisqu'on peut l'utiliser pour fabriquer des explosifs nucléaires. Tous les pays dotés d'armes nucléaires ont des usines d'enrichissement. Il n'y en a pas au Canada. Le Canada exporte l'uranium sous forme d'hexafluorure. On l'envoie d'abord dans un des pays dotés d'armes nucléaires (les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France ou la Russie) pour enrichissement avant de l'acheminer sous forme de combustible de réacteur à des clients à l'étranger.
Photo copyright Robert Del Tredici
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