Le combustible à plutonium : ce qu'il faut savoir
Introduction
Énergie atomique du Canada limitée (ÉACL) et Ontario
Hydro ont proposé d'importer des États-Unis le plutonium
provenant du démantèlement des ogives nucléaires.
Celui-ci serait utilisé dans des réacteurs CANDU, probablement
ceux de la Centrale Bruce A , située sur les rives du lac Huron.
Le gouvernement canadien a donné son appui de principe au projet
et a aussi financé une étude de faisabilité dans le
même sens sur l'importation de plutonium en provenance de Russie.
Le 14 janvier 1997, 171 organismes oeuvrant dans le domaine de la paix,
de l'environnement et de la médecine ont condamné la récente
décision du gouvernement américain de poursuivre l'option
d'utiliser un combustible à base de plutonium (appelé combustible
d'oxydes mixtes ou MOX) dans des réacteurs civils dans le but de
transformer le plutonium de qualité militaire provenant des armes
nucléaires en une forme qui ne l'est pas. Selon ces 171 organismes
de tous les coins du globe, cette approche augmenterait le commerce international
du plutonium, créerait des déchets fortement radioactifs
encore plus dangereux et aurait un effet dissuasif sur les efforts visant
à empêcher la prolifération des armes nucléaires
dans le monde.
La secrétaire sortante du U.S. Department of Energy (U.S.
DoE ), Madame Hazel O'Leary, a annoncé récemment l'envoi
de 600 grammes de plutonium, provenant d'ogives nucléaires américaines,
aux laboratoires d'ÉACL à Chalk River sur la rive ontarienne
de la rivière des Outaouais. L'idée d'ÉACL est de
brûler cette substance de façon expérimentale dans
leur réacteur de recherche NRU en prévision de la possibilité
de livraisons plus importantes à l'avenir.
De nombreux défenseurs de la voie nucléaire, et ce depuis
le début de l'ère nucléaire, préconisent que
le plutonium est le combustible de l'avenir et qu'il remplacera même
un jour l'uranium. L'établissement de cette économie du plutonium
, cependant, comporte de sérieux dangers sur les plans de l'environnement,
de la santé, de la sûreté et d'énormes risques
quant à la sécurité globale. Un groupe terroriste
bien équipé pourrait fabriquer une puissante bombe artisanale
avec seulement quelques kilogrammes de plutonium volé.
Notre société se trouve à un carrefour important:
le plutonium doit-il être utilisé à grande échelle
comme combustible dans les réacteurs atomiques, nous entraînant
ainsi dans une économie du plutonium à l'échelle globale?;
ou doiton traiter le plutonium comme un déchet dangereux comportant
un degré élevé de risque à la sécurité
mondiale, et qu'il donc doit être éliminé en mettant
fin à toute production de plutonium et en isolant et en surveillant
sous haute garde ce qu'on a déjà créé?
| Le plutonium a plusieurs caractéristiques importantes
- c'est un puissant explosif utilisé dans les bombes atomiques;
Quelques-unes des préoccupations que soulève l'importation au Canada de combustible à plutonium: - la possibilité de vol de plutonium par des organisations criminelles
ou terroristes; |
Le désarmement nucléaire et le plutonium
Les États-Unis et l'ex Union soviétique sont présentement
en voie de mettre en place des ententes de désarmement nucléaire
et de démanteler des milliers d'armes nucléaires. Le plutonium
contenu dans ces ogives nous met devant le dilemme le plus compexe de notre
temps en ce qui a trait à la gestion des déchets dangereux.
Le U.S. Department of Energy étudie présentement les
différentes options de traitement de ces déchets, dont la
combustion (les brûler ) dans des réacteurs et l'immobilisation.
Pour brûler le plutonium, il faut d'abord le mélanger avec
de l'uranium afin d'en faire un combustible nucléaire. Ce combustible
--appelé MOX ou combustible à oxydes mixtes-- est radioactif
à prime abord, mais en le brûlant dans un réacteur
atomique, il se transforme en déchets fortement radioactifs. Ceux-ci
produisent des rayonnements gamma tellement puissants qu'un être
humain sans protection adéquate qui se trouverait en leur proximité
mourrait peu de temps après. Cette transformation du plutonium provenant
des ogives nucléaires en déchets fortement radioactifs est
censé rendre le plutonium trop difficile d'accès et trop
dangereux pour qu'on puisse le manipuler, réduisant ainsi la possibilité
de vol.
Une autre option consiste à mélanger le plutonium à
des déchets radioactifs liquides et de transformer ce mélange
en vitre ou en céramique: on appelle ce processus immobilisation
ou vitrification. Le produit final est un déchet solide comportant
les mêmes dangers que le combustible irradié, ce qui devrait
dissuader d'éventuels voleurs. Bien que ces options offrent toutes
deux une certaine sécurité à court terme, elles ne
protègent nullement les générations futures de ceux
qui voudraient obtenir le plutonium ainsi isolé. En effet, après
quelques centaines, voire même quelques dizaines d'années,
l'intensité de la radioactivité de ces déchets diminue
progressivement, ce qui rend le plutonium de plus en plus accessible. Quant
au plutonium lui-même, sa demi-vie (la période après
laquelle la moitié d'une quantité quelconque d'un élément
radioactif se transforme en un autre élément par désintégration
radioactive) se mesure en dizaines de milliers d'années.
Inventaire global du plutonium
Lorsqu'on met les barres (ou les grappes) de combustible en place dans
un réacteur atomique, celles-ci deviennent très radioactives
à cause de l'accumulation du plutonium et autres substances radioactives.
Dès le début de l'ère nucléaire, les partisans
de la voie nucléaire ont considéré le plutonium comme
le combustible de l'avenir, rêvant de recycler le plutonium des déchets
que constituent les barres de combustible irradié [aussi appelé
combustible usé, c'est-à-dire le combustible qui sort d'un
réacteur lorsqu'on qu'on en a tiré le maximum d'énergie].
On a donc construit des réacteurs dits surgénérateurs
en France, au Japon et aux États-Unis, dans le but de produire de
grandes quantités de plutonium, mais de sérieux accidents
ont forcé tous ces pays à restreindre leur programme de surgénérateurs.
L'extraction du plutonium des déchets que sont les barres de combustible
irradié est une activité dangereuse et excessivement polluante.
Dans les années cinquante, on a procédé à des
expériences de retraitement de barres de combustible irradié
à deux installations différentes d'ÉACL à Chalk
River. On a dû fermer les fermer toutes deux suite à des accidents
comportant d'importants déversements de matières radioactives
dans l'environnement. Ces installations et les contaminants qui en sont
issus n'ont jamais été nettoyés. ÉACL a donc
construit une autre usine de retraitement afin de séparer le plutonium
des déchets de combustible irradié pour ensuite l'exporter
aux États-Unis pour la fabrication d'armes atomiques. Des réservoirs
remplis de déchets liquides fortement radioactifs se trouvent toujours
à cet endroit, posant un important défi de décontamination.
Quatre-vingt pour cent du plutonium existant aujourd'hui se trouve
immobilisé dans le combustible irradié produit de façon
routinière dans les réacteurs nucléaires.
La France, la Russie et la Grande-Bretagne procèdent au retraitement
du combustible irradié afin de séparer chimiquement le plutonium
des autres substances fortement radioactives qui s'y trouvent. On a recours
à ce procédé pour des raisons d'ordre militaire, soit
l'obtention de la matière première des bombes atomiques.
On y a recours aussi à des fins non-militaires: le plutonium ainsi
séparé pourrait peut-être un jour être utilisé
comme combustible dans des centrales nucléaires. Environ vingt pour
cent du plutonium sur le globe est sous cette forme séparée.
Une fois séparé des autres substances formant le combustible
irradié, le plutonium peut être plus facilement manipulé,
volé, transporté ou entreposé.
Risques pour la sécurité
Une quantité s'élevant à quelques kilogrammes
de plutonium séparé suffit comme matière explosive
pour fabriquer un engin dont les conséquences seraient extrêmement
dévastatrices. À cause de son extrême toxicité,
une petite quantité de plutonium suffirait aussi pour fabriquer
une arme radiologique terriblement efficace en répandant du plutonium
dans l'atmosphère en concentrations suffisantes pour tuer plusieurs
milliers de personnes; il en résulterait de plus la contamination
d'une vaste région: une contamination très persistante avec
laquelle il est très difficile, dangereux et coûteux de composer.
Le Worldwatch Institute faisait remarquer en 1991 que moins de 150
kilogrammes [de plutonium] répartis proportionnellement dans les
poumons des 5,4 milliards d'habitants de la planète seraient suffisants
pour causer un cancer du poumon à chacun d'eux. [trad. CCEN]
Si l'expérience peut nous apprendre quoi que ce soit, elle devrait
nous convaincre que tout item qui se retrouve sur le marché finit
par tomber dans les mains de criminels. Peut-on croire que le plutonium
produit dans une usine, emballé, manipulé par des dizaines
d'individus, expédié en mer d'un continent à l'autre,
façonné en pastilles de combustible et acheminé vers
des réacteurs civils, puisse arriver à destination sans qu'il
y ait la moindre perte ou vol en cours de route? À partir du moment
où il existe à l'état séparé jusqu'à
ce qu'il soit utilisé dans un réacteur atomique, quoique
extrêmement dangereux, le plutonium peut être manipulé
sans qu'il soit nécessaire de prendre des mesures particulières
de protection radiologique.
Afin d'assurer une protection adéquate contre les attaques terroristes,
des mesures exceptionnelles de sécurité s'avéreraient
nécessaires pendant le transport du plutonium et autour des réacteurs
s'en servant comme combustible. Le coût de ces mesures d'exception
n'a pas été avancé; on n'en tient pas compte non plus
dans le coût total du projet canadien d'importation du plutonium.
Les droits et libertés des citoyens canadiens pourraient bien
être sérieusement minés par les mesures anti-terroristes
extrêmes qui s'avéreraient nécessaires.
L'organisme qui serait responsable de la sécurité serait
tenu d'être investi de pouvoirs presque illimités afin de
pouvoir composer avec la possibilité de vol de plutonium.
Le combustible à plutonium et les déchets nucléaires
La responsabilité des déchets fortement radioactifs provenant
de l'utilisation du plutonium comme combustible dans les réacteurs
de la Centrale nucléaire de Bruce incomberait à Ontario Hydro.
Cela établirait un dangereux précédent ouvrant la
voie à l'importation de l'étranger d'autres déchets
fortement radioactifs pour enfouissement au Canada.
Une proposition d'ÉACL visant à enfouir toute forme de combustible
irradié à un site non-déterminé du Bouclier
canadien fait présentement l'objet d'une évaluation environnementale
au niveau fédéral. De nombreux participants à ces
audiences publiques ont fait ressortir de sérieux problèmes
techniques dans l'Étude des impacts sur l'environnement d'ÉACL.
Puisque la proposition ne mentionne pas de localité en particulier
comme site d'enfouissement des déchets nucléaires, nombre
de citoyens sont confrontés avec la possibilité que les cargaisons
de déchets nucléaires pourraient transiger par leur communauté
si jamais la proposition était adoptée. Qui plus est, des
villageois surpris pourraient se trouver dans quelques dizaines d'années
devant le fait que c'est leur municipalité qui a été
choisie comme site d'enfouissement de déchets nucléaires;
ils n'auraient alors aucun recours visant à mettre en doute la sûreté
du site en général.
La composition du combustible irradié provenant de l'utilisation
du plutonium est semblable à celle provenant de l'uranium, puisque
dans le premier cas, le montant initial de plutonium est réduit,
mais pas complètement, et qu'en même temps, du nouveau plutonium
est créé lorsque ce combustible est dans le réacteur.
Une des grandes préoccupations touchant la proposition d'ÉACL
d'enfouir le combustible irradié est la possibilité d'une
fuite provenant des grappes de combustible irradié; le plutonium
pourrait ainsi migrer dans la roche et se concentrer. Cela pourrait conduire
à un accident de criticité comportant de graves conséquences
sur l'état du site d'enfouissement et de l'écosystème
en surface.
Dangers pour la santé publique et l'environnement
Le rayonnement alpha émis par le plutonium n'a qu'une très
courte portée. C'est la raison pourquoi, dans certains cas, on peut
le manipuler et le stocker sans avoir recours à trop d'encombrants
écrans de protection radiologique. Prenons le cas, par exemple,
d'une petite quantité de plutonium à proximité d'un
être humain: la plupart de l'énergie émise par le plutonium
se buterait à la surface extérieure, non-vivante, de la peau
(en supposant qu'il n'y ait pas de plaies ouvertes et qu'aucune particule
de plutonium ne soit aspirée).
Si, par contre, si une ou plusieurs particules de plutonium étaient
aspirées, elles pourraient aller se loger dans les tissus sensibles
des poumons, causant beaucoup de dommage biologique. Lorsqu'aspirés
dans les poumons, quelques milligrammes de plutonium suffisent à
entraîner la mort dans les mois qui suivent. Une quantité
beaucoup plus petite peut aussi entraîner un cancer mortel du poumon
plusieurs années plus tard. Pour cette raison, le plutonium est
considéré comme étant une des substances connues les
plus cancérigènes jamais fabriquées par l'homme.
Il est possible que le combustible à plutonium neuf (non
irradié) puisse atteindre la criticité (c'est-à-dire
se mettre à soutenir une réaction en chaîne) dans certaines
situations lors du transport ou de la manipulation des grappes de combustible,
comme par exemple lorsqu'un conteneur de grappes de combustible s'écrase.
L'étude de faisabilité faite par ÉACL et Ontario Hydro
ne donne aucun détail sur cette possibilité, se contentant
de remettre cette discussion à un stage plus avancé du processus
d'évaluation, soit au stage des approbations. C'est à cause
de sa nature explosive que ce genre d'accident pourrait mener à
la contamination de l'environnement par le plutonium.
L'étude de faisabilité portant sur le combustible à
plutonium
En juillet 1994, ÉACL et Ontario Hydro ont soumis une étude
au U.S. DoE intitulée Plutonium Consumption Program, CANDU
Reactor Option . Le document décrit comment le plutonium pourrait
être utilisé comme combustible dans les réacteurs A
de la Centrale Bruce. Le coût de ce projet dépasse les 2,2
milliards $ et n'inclut ni le coût des mesures exceptionnelles de
sécurité qui seraient nécessaires pour surveiller
le complexe de Bruce contre le terrorisme, ni le coût de réfection
des réacteurs Bruce A . En effet, ces réacteurs, qui sont
en service depuis presque vingt ans, ont grand besoin de réfection;
le coût pourrait largement surpasser le milliard de dollars.
Ontario Hydro espère qu'un tel contrat avec le U.S. DoE pourrait
justifier la reconstruction des réacteurs Bruce A . Sans un tel
contrat, la centrale risque d'être fermée prématurément,
ce que les auteurs de l'étude refusent de reconnaître. Ceux-ci
maintiennent plutôt que les réacteurs Bruce A seront réparés
nonobstant l'obtention dudit contrat. Les auteurs de l'étude présument
aussi que les réacteurs Bruce A fonctionneront à 80% de leur
capacité pour encore 25 ans, alors que les faits montrent que cela
n'est pas le cas à la Centrale nucléaire de Pickering A dont
les réacteurs ont été l'objet d'une réfection
majeure il y a quelques années. Les abonnés d'Ontario Hydro
pourraient bien devoir assumer ces milliards de dollars en coûts
additionnels si jamais le projet d'importation de plutonium se réalisait.
La politique nucléaire canadienne
L'appui de principe donné par le Canada à l'importation
de combustible à plutonium annonce au reste du monde que la commercialisation
du combustible à plutonium est chose acceptable. Le commerce du
plutonium occasionnerait d'énormes risques pour la santé
publique, l'environnement et la sécurité globale. Au lieu
d'oeuvrer à éliminer ces risques, notre gouvernement contribue
plutôt à mettre en place une économie du plutonium.
Vers la fin des années soixante-dix, ÉACL a fait de la recherche
sur les cycles du combustible à plutonium. Cette société
d'état avait une usine-pilote de fabrication de combustible à
plutonium sur le site des Laboratoires nucléaires de Chalk River,
au bord de la rivière des Outaouais. De plus, la proposition d'ÉACL
sur l'enfouissement des déchets nucléaires dans la roche
du Bouclier canadien tient compte de l'éventualité du retraitement
du combustible irradié avant de l'enfouir.
L'importation du plutonium pourrait contrevenir à l'esprit de la
Politique canadienne de non-prolifération nucléaire. Nombre
de citoyens sont convaincus que la raison d'être de cette politique
est d'isoler l'industrie nucléaire canadienne des programmes d'armement
nucléaire d'autres pays.
En important du combustible à plutonium, le Canada serait
assimilé aux programmes d'armement nucléaire russe et américain,
puisque même s'ils procèdent au démantèlement
de certaines ogives tel que stipulé dans des ententes de désarmement,
ces deux pays continuent quand même d'entretenir et de moderniser
leur arsenal nucléaire.
Ontario Hydro deviendrait récipiendaire commercial de matières
fissibles d'origine militaire et serait tenue de prendre en charge les
déchets de combustible nucléaire qui résulteraient
de son utilisation, alors que le gouvernement canadien mettrait en place
les mesures de sécurité exceptionnelles nécessaires
lors du transport du combustible à plutonium.
Les gouvernements du Canada et de l'Ontario pourraient bien éviter
tous deux de se soumettre à des audiences publiques sur les effets
que pourrait avoir l'importation de combustible à plutonium sur
l'environnement, la santé publique, la sécurité et
l'économie. L'utilisation de ce combustible pourrait faire partie
d'une exemption globale en matière d'évaluation environnementale
accordée en 1976 au complexe Bruce A par la province. Le projet
serait réglementé par la Commission de contrôle de
l'énergie atomique (CCÉA) qui pourrait ne pas exiger d'audiences
publiques dans le cadre de la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale,
ce qui enlèverait au public toute chance d'évaluer les impacts
du projet. Dans ce même contexte, la CCÉA n'a pas indiqué
qu'elle ferait une évaluation environnementale des expériences
sur le combustible à plutonium qu'ÉACL doit mener à
Chalk River.
Pour un avenir plus sécuritaire
Globalement, les stocks non militaires de plutonium séparé
sont aussi importants que les stocks militaires et augmentent plus vite.
Dans une économie du plutonium, la quantité de plutonium
séparé continuerait d'augmenter.
Le retraitement, ou le traitement chimique nécessaire pour séparer
le plutonium des autres composants du combustible irradié, génère
une quantité énorme de déchets radioactifs additionnels
sous forme liquide. Si nous permettons que se réalise la commercialisation
planifiée du plutonium, le risque encouru par la société
sera encore plus grand que celui avec lequel nous vivons aujourd'hui qui
provient des stocks de plutonium militaire.
Le gouvernement Chrétien présente ce projet de combustible
à plutonium comme une contribution positive que le Canada peut faire
en matière de désarmement nucléaire. Cette initiative,
cependant, ne serait vraiment qu'une garantie coulée dans le plutonium
que l'industrie nucléaire canadienne continuera d'être subventionnée
à même nos taxes pour des années à venir. À
ce jour, cette industrie a reçu plus de 13 milliards $ en subventions
directes.
Afin d'augmenter la sécurité globale et de protéger
l'environnement et la santé publique, il faut mettre fin à
toute séparation de plutonium. L'utilisation du plutonium comme
combustible de réacteurs devrait être défendue. Le
plutonium existant devrait être immobilisé et placé
sous une garde de haute sécurité qui soit de caractère
international. Il devrait être mis sous une forme qui soit impossible
à voler ou à utiliser comme composante d'arme nucléaire;
on pourrait, par exemple, le mélanger à des matériaux
fortement radioactifs afin de créer une barrière radiologique
ou encore le mettre sous des formes chimiques et physiques le rendant difficile
d'accès. Entre-temps, la pression politique devrait être utilisée
pour arrêter la production de plutonium partout dans le monde et
la recherche scientifique devrait se concentrer sur le développement
de méthodes assurant la destruction de tout le stock mondial de
plutonium.
Faites savoir au ministre des Affaires extérieures, Lloyd Axworthy, que vous vous opposez à lčimportation du combustible à plutonium. Envoyez une copie de votre lettre à dčautres élus, dont le Premier ministre Jean Chrétien, la ministre des Richesses naturelles, Anne McLellan, et le ou la député(e) de votre circonscription.
Toute correspondance aux députés fédéraux
peut être envoyée dans une enveloppe non affranchie à
lčadresse suivante: Chambre des communes, Ottawa (Ontario) K1A 0A6
Lecture suggérée
Économie de l'apocalypse: trafic et prolifération nucléaires
, par Jacques Attali, 1995, Paris, Fayard, 210 p
"An Overrated Nightmare", The Bulletin of Atomic Scientists
, by Karl-Heinz Kamp, July/August 1996, p. 30-34.
Plutonium MOX Fuel Initiative , Department of Foreign Affairs and
International Trade and Natural Resources Canada, Government of Canada,
May 1996, 6 pages.
"U.S. DoE Considers Plutonium for CANDUs", Nuclear Watchdog
Bulletin # 3 , April 1996, Nuclear Awareness Project + letter to the
Prime Minister, 5 pages.
"No place for old plutonium", Globe and Mail (Toronto)
, from New York Times Service, Saturday, March 25, 1995.
"AECL fuel proposal sparks criticism", Globe and Mail (Toronto)
, by Martin Mittelstaedt, Wednesday, December 14, 1994. ["Plan to
use plutonium from nuclear weapons considered dangerous."]
Management and Disposition of Excess Weapons Plutonium , Committee
on International Security and Arms Control, U.S. National Academy of Sciences,
Washington, D.C., 1994, p 172-176.
"Eliminating Nuclear Warheads", Scientific American ,
by Frank von Hippel et al, August 1993, p 44-49. ["More than 50,000
nuclear weapons may be decommissioned during the next 10 years. Their disposal
requires both technical and political innovations."]
Plutonium: Deadly Gold of the Nuclear Age , International Physicians
for the Prevention of Nuclear War and the Institute for Energy and Environmental
Research, 1992, p 126-137.
Pour de plus amples renseignements, veuillez prendre contact avec la
Campagne
contre l'expansion du nucléaire. Ce document a été
préparé conjointement par
Regroupement pour la surveillance du Nucléaire et Nuclear Awareness
Project.
Hiver 1997