Retour à la page principale
 
 


COMMUNIQUÉ
le 14 septembre 2000
 

Des groupes de citoyens ont trouvé de graves déficiences dans le plan
corrigé devant servir à réagir face à des déversements de plutonium

Ils demandent líextension de la période accordée au public pour faire des commentaires

Une coalition de groupes environnementaux a trouvé plusieurs graves déficiences dans la dernière version du plan díurgence díÉnergie atomique du Canada, Limitée (ÉACL) visant à parer à tout incident pouvant survenir à líoccasion du transport aérien de combustible de plutonium en provenance de Russie. En conséquence, les groupes demandent à Transport Canada de repousser la date limite pour que le public puisse faire des commentaires jusquíà la mi-octobre, de façon à ce que le public et des experts indépendants puissent traiter de façon satisfaisante des graves insuffisances quíon y trouve.

Le 17 août 2000, Transport Canada a avisé ÉACL quíon ne pouvait pas procéder à líétude de son plan díurgence parce quíil ne traite pas de la question díun accident où il y aurait dispersion de poudre de combustible de plutonium. Le 1er septembre, ÉACL a soumis une version revisée du plan díurgence où elle traite pour la première fois des mesures à prendre advenant la dispersion de poudre de combustible de plutonium dans líenvironnement. Suite à cela, Transport Canada a repoussé la date limite pour que le public puisse faire des commentaires, du 25 août au 15 septembre 2000.

Líexpertise du Dr Edwin Lyman du Nuclear Control Institute de Washington a confirmé quíil était certainement possible quíil y ait dispersion de poudre de combustible de plutonium. Cíest bien connu que le conteneur choisi par ÉACL peut être détruit par un choc díenvergure, comme le serait celui découlant de líécrasement díun avion. Les pastilles de combustible en céramique seraient partiellement pulvérisées par un tel impact et peuvent être complètement pulvérisées si exposées au feu en présence díoxygène pendant aussi peu que 30 minutes.

Díaprès Elizabeth May du Sierra Club du Canada, «le nouveau plan díurgence díÉACL pose plus de questions quíil níen résout. Avant de procéder avec ce projet insensé, les CanadienNEs ont le droit de savoir quels sont les risques pour la santé et líenvironnement.» Le Sierra Club du Canada est tout particulièrement préoccupé par le niveau de traitement et de nettoyage qui sera exigé. Est-ce quíon demandera à ÉACL de récupérer 100% du plutonium dispersé? Ou seulement 80% ou peut-être aussi peu que 20%?

Le plan révisé díÉACL reconnaît que les équipes díintervention díurgence auront besoin de masques à oxygène couvrant toute la figure et de vêtements protecteurs spéciaux, advenant un accident. Auparavant, ÉACL avait, dans les médias, fait fi des préoccupations autour de possibles accidents impliquant du combustible MOX, en disant quíune feuille de papier pourrait bloquer les émissions radioactives síil y avait un accident (voir par exemple dans la Montreal Gazette du 23 mars 1999, à la page A11, où on cite le porte-parole díÉACL, Larry Sewchuck: «Même si un accident se produisait en route, disait-il, vous níauriez besoin que díune feuille de papier pour empêcher la radioactivité de vous atteindre.» Voir aussi le Calgary Herald du 27 avril 1999, à la page A9).

Selon le Dr Gordon Edwards, président du Regroupement pour la surveillance du nucléaire: «Pour la première fois, on prescrit que les masques à oxygène couvrant toute la figure, les vêtements de plastique étanches et les gants de caoutchouc à double épaisseur seront obligatoires pour les employés díÉACL, mais il níy a pas de programme díentraînement de prévu pour apprendre aux pompiers, au personnel médical et aux autres intervenants díurgence comment se servir de ces équipements. On ne trouve pas non plus díindication sur la manière díempêcher la dispersion de la contamination au plutonium au moment où on retire ces équipements.»

Pour Patrick Rasmussen, du Mouvement Vert Mauricie: «Le nouveau plan díurgence envisage la possibilité que les personnes contaminées au plutonium puissent être conduites à líhôpital avant líarrivée de la ÉÉR (Équipe díÉvaluation Radiologique) díÉACL, mais on ne traite pas de mesures à prendre pour prévenir la contamination au plutonium des véhicules de transport, des chambres díurgence ou du personnel médical qui aurait à síoccuper de ces personnes. Et on ne traite pas non plus de líentraînement que devraient recevoir les infirmières, les médecins et les ambulanciers pour les préparer à traiter des personnes contaminées au plutonium.»

Díaprès Theresa McClenaghan de líAssociation canadienne du droit de líenvironnement (CELA): «Cíest une préoccupation de premier ordre que de répondre adéquatement en situation díurgence à des questions concernant le transport et le traitement médical de personnes contaminées par la radioactivité. Dans un procès en 1993 concernant la Loi sur la responsabilité nucléaire, les représentants médicaux pour la santé en Ontario ont démontré líabsence totale de telles capacités. Peu de choses ont changé en Ontario depuis ce temps-là et nous níavons aucune raison de croire que ce serait mieux níimporte où ailleurs au Canada.»

Kristen Ostling, coordonnatrice de la Campagne contre líexpansion du nucléaire, a ajouté: «Les sérieuses insuffisances dans les plans díÉACL confirment notre position que le gouvernement Chrétien devrait demander líarrêt immédiat du projet díimportation de plutonium.»

- 30 -




 

Disponible sur demande ou sur le site web www.cnp.ca: lettre de la CELA à Transport Canada (en anglais seulement) demandant líextension de la période de commentaires et soulignant les déficiences du plan díÉACL. (format Acrobat PDF, 109 K).
 


Pour plus de détails:

Sierra Club du Canada, 613-241-4611 (www.sierraclub.ca/national)
Regroupement pour la surveillance du nucléaire, 514-489-5118 (www.ccnr.org)
líAssociation canadienne du droit de líenvironnement, 416-960-2284 (www.cela.ca)
Mouvement Vert Mauricie, 819-532-2855
Campagne contre líexpansion du nucléaire, 613-789-3634 (www.cnp.ca/ccen)


Campagne contre líexpansion du nucléaire