Sortir du Nucléaire



Communiqué
À diffuser le jeudi 14 novembre 2002


La demande de renouvellement de la licence de la centrale nucléaire québécoise devrait être rejetée
L'organisme fédéral de réglementation devrait limiter Gentilly 2, de préciser les groupes


Ottawa — La demande d’Hydro-Québec, pour le renouvellement sans précédent de la licence de la centrale nucléaire Gentilly 2, pour une durée de cinq ans, devrait être rejetée, de dire des groupes de défense d’intérêt public du Québec. Inquiets, parce que la Commission Canadienne de la Sûreté Nucléaire (CCSN) pourrait acquiescer à la demande osée d’Hydro-Québec, plusieurs groupes manifestent leur opposition lors d’audiences publiques de la CCSN, aujourd’hui, à Ottawa. Rappelons que par le passé, Gentilly II n’a jamais reçu de licence pour plus de deux ans.

Les groupes trouvent scandaleux que le personnel de la CCSN ait recommandé de renouveler pour quatre ans la licence de Gentilly 2, bien qu’elle ait donné de mauvaises notes à Hydro-Québec pour sa mauvaise performance face aux programmes de radioprotection, d’assurance de la qualité et du suivi environnemental.

« Pourquoi la CCSN récompenserait-t-elle Hydro-Québec, qui a négligé sa responsabilité de protéger le public? », de demander Patrick Rasmussen du Mouvement Vert Mauricie. « Si vous obtenez constamment de mauvaises notes et que vous relâchez vos efforts à l’école, on vous place en cour de rattrapage. Dans un souci de sécurité publique, la CCSN devrait donner une licence probatoire et pour un temps limité à Gentilly 2 » M. Rasmussen a également noté qu’Hydro-Québec n’a pas réussi à créer le fonds de déclassement nécessaire, tel que stipulé par sa licence. «Gentilly 2 pourrait fermer de façon permanente dans six ans, de dire M. Rasmussen. La CCSN devrait appliquer ses propres règles et forcer Hydro-Québec à réunir le financement nécessité par les activités de déclassement»

« Les réacteurs nucléaires sont plus dangereux au fur et à mesure qu’ils vieillissent », de mentionner M. Gordon Edwards, président du Regroupement pour la Surveillance du Nucléaire (RSN). « Même Hydro-Québec admet que Gentilly 2 ne pourra pas être exploitée de façon sécuritaire, au-delà de 2008. Étant donné la nature de viellissement prématurée de la centrale et les nombreuses questions de conformité non résolues, la licence de Gentilly 2 ne devrait pas dépasser six mois.

M. Edwards souligne que Gentilly-2, comme tous les autres réacteurs CANDU, a mal vieillie. À l’origine, on croyait que Gentilly 2 allait fonctionner pendant 40 ans. Gentilly 2 n’aura fonctionné que pendant 28 ans, avant de devoir fermer en permanence ou d’être reconstruite à des coûts pouvant s’élever à plusieurs milliards de dollars ou plus. Et malgré le refus historique du Québec face à l’énergie nucléaire, y compris un moratoire sur l’énergie nucléaire sous René Lévesque et l’engagement de Robert Bourassa de rejeter tout dépôt de déchets nucléaires de haut niveau sur le territoire québécois, Hydro-Québec va de l’avant avec un projet de remettre Gentilly-2 à neuf en 2008-2009, dans l’espoir de prolonger sa durée de vie pour 20 autres années. Le conseil d’administration d’Hydro-Québec devrait décider du sort de Gentilly 2 en 2003. «Hydro-Québec veut une licence de cinq ans parce qu’elle ne veut aucune interférence avec ses projets de ressusciter cette technologie défaillante , de dire M. Edwards. La CNSC ne devrait donc pas contribuer à un tel projet.»

En septembre 2002, la Commission des Entreprises de Service Public du Nouveau-Brunswick (CESPNB) a statué que la reconstruction de la jumelle de Gentilly-2, Pointe Lepreau, était trop risquée financièrement pour être dans l’intérêt du public, recommandant que le réacteur ne soit pas reconstruit. La CESPNB a également mentionné la forte possibilité que les coûts des réparations dépasseront largement les 800 millions de dollars estimés. Notons, que depuis, l’évaluation des coûts pour redémarrer les quatre réacteurs de Pickering A en Ontario, ceux-ci ont monté en flèche, passant de 800 millions de dollars à plus 2,5 milliards de dollars.

« La CCSN ne devrait pas présumer que Gentilly-2 continuera de fonctionner au-delà de 2008. La CCSN a une responsabilité de voir à ce que, à compter de maintenant, Hydro-Québec soit prête à fermer de façon sécuritaire et à déclasser la centrale », de dire René Coignaud, Responsable du changement climatique pour ENvironnement JEUnnesse (ENJEU). « Avec Kyoto, le monde se tourne vers les mesures d’efficacité énergétique et les énergies alternatives et renouvelables. Il faudrait investir dans ces nouveaux secteurs prometteurs, plutôt que de conserver une technologie désuète comme l’énergie nucléaire. Il est temps que le Québec se retire des projets d’énergie nucléaire. » Gentilly 2 produit environ 3 % de l’électricité d’Hydro-Québec.

Enfin, le Québec devrait donner l’exemple au reste de l’Amérique du Nord, en la déclarant exempte de toute forme d’énergie nucléaire, de dire Shawn-Patrick Stensil de Sortir du Nucléaire. « L’Allemagne, la Suède et la Belgique abandonnent graduellement leurs réacteurs nucléaires, même s’ils dépendent beaucoup plus de l’énergie nucléaire que le Québec. La Suède tiendra un référendum sur l’avenir de ses réacteurs en 2003. Il n’y a aucune raison pour laquelle le Québec ne pourrait pas montrer l’exemple au Canada et à l’Amérique du Nord en éliminant progressivement l’énergie nucléaire.»

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Pour information :

Sortir du Nucléaire, 613-789-3634 (Ottawa)


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