Sortir du Nucléaire



Communiqué
À diffuser le vendredi 1 novembre 2002


Le Ministre Dhaliwal fait erreur sur la question de l'énergie nucléaire et du changement climatique
Les groupes demandent au ministre de faire une étude publique sur l'avenir de l'énergie nucléaire


Ottawa -- Les organisations canadiennes d’intérêt public demandent au ministre des Ressources naturelles Herb Dhaliwal de tenir un examen ouvert et public sur l’avenir de l’énergie nucléaire au Canada. Au prise avec des impondérables politiques, des fermetures de longue durée, le vieillissement prématuré de l’équipement, les dépassements de coûts énormes, l’énergie nucléaire a perdu toute crédibilité comme option énergétique fiable, de dire ces groupes. Et comme le Nouveau-Brunswick et le Québec sont prêts à décider du sort de leurs réacteurs au cours de la prochaine année, l’appui considérable du gouvernement fédéral en faveur de l’énergie nucléaire comme programme énergétique national est de moins en moins fondé.

« Nous avons besoin d’une consultation publique sur la possibilité d’abandonner peu à peu l’énergie nucléaire au Canada », de dire Shawn-Patrick Stensil de Sortir du nucléaire. « L’énergie nucléaire est un problème financier inutile et les contribuables canadiens se font lessiver. » M. Stensil note que l’Allemagne, la Suède et la Belgique ont décidé d’éliminer progressivement leurs réacteurs nucléaires et la Suisse tiendra un référendum sur l’avenir de son programme d’énergie nucléaire en 2003.

« Avez-vous remarqué que l’énergie nucléaire est exclue du projet du gouvernement sur le Protocole de Kyoto? », de demander Elizabeth May, directrice générale du Sierra Club du Canada. « C'est parce qu’après avoir vu tous les problèmes de l’industrie nucléaire en Ontario, au Nouveau-Brunswick et en Grande-Bretagne cet automne, les fonctionnaires fédéraux voient enfin la réalité : l’énergie nucléaire a un coût prohibitif et est sujette à caution, d’expliquer Mme May. L’énergie nucléaire est un échec par rapport aux gadgets de l’après-guerre. De plus, les groupes de citoyennes et de citoyens qui travaillent à la ratification du Protocole de Kyoto ne défendent pas l’énergie nucléaire. Nous défendons les sources d’énergie renouvelables et l’économie d’énergie. En fait, le plan pour répondre à Kyoto selon le Réseau d’action face aux changements climatiques, rédigé par Ralph Torrie, analyste des questions énergétiques, nous permet de fermer tous les réacteurs nucléaires existants. Il est temps d’éliminer progressivement l’énergie nucléaire. »

Bien que l’on n’ait pas répondu à son offre d’inclure l’énergie nucléaire dans le projet du gouvernement fédéral sur le Protocole de Kyoto, le ministre des Ressources naturelles Herb Dhaliwal continue de vendre l’énergie nucléaire comme solution face au changement climatique, affirmant cette semaine que le Nouveau-Brunswick devrait rebâtir la centrale nucléaire de Pointe Lepreau pour répondre à ses obligations en vertu du Protocole de Kyoto.

En Ontario, les énormes dépassements de coûts, les prix de l’énergie qui montent en flèche et la faillite de British Energy, la société mère de Bruce Power, ont détruit la crédibilité de l’énergie nucléaire auprès du public. L’Ontario Power Generation (OPG) a annoncé cette semaine qu’il est possible qu’elle élimine trois des réacteurs de la centrale nucléaire Pickering A en raison des dépassements de coûts substantiels de plus de 2,5 milliards de dollars. Et en septembre, Bruce Power a attiré l’attention du public lorsque sa société mère, British Energy, a déclaré être sur le bord de la faillite avant d’être sauvée par la société britannique British Energy, le seul opérateur nucléaire coté en bourse au monde, qui a déjà été citée comme preuve que l’énergie nucléaire pouvait être compétitive dans un marché ouvert. C’est maintenant un autre exemple de la dépendance abjecte de l’énergie nucléaire face aux subventions publiques d’importance.

Selon Norman Rubin d’Enquête énergétique, « cet été, la centrale Pickering A a accru la dette publique, empêché plusieurs entreprises de construire des générateurs plus sûrs et plus fiables et a fait monter nos factures. Ce qu’elle n’a pas fait, c’est de produire de l’énergie électrique quand nous en avions besoin. » Chaque mois, les Ontariennes et Ontariens aident à rembourser la dette nucléaire d’Hydro-Ontario avec leur facture d’électricité. « Les Canadiennes et Canadiens ne peuvent plus se permettre d’écouter les fausses promesses de l’industrie nucléaire; coupons leurs subventions », de dire M. Rubin.

Ajoutant aux mauvaises nouvelles, on a révélé, en octobre, qu’un des quatre réacteurs Bruce B en opération était également hors réseau pour la maintenance au beau milieu de la pointe estivale de la demande d’électricité, faisant grimper encore plus le prix de l’électricité. Huit des vingt réacteurs de l’Ontario ont été fermés depuis 1997 en raison du mauvais rendement et des problèmes de sécurité. En outre, les problèmes de sécurité découverts en août à l’importante centrale Darlington auraient pu inciter le régulateur à la fermer pour des raisons tout à fait légitimes, occasionnant des pannes dans tout l’Ontario.

Et au Nouveau-Brunswick, l’industrie nucléaire a de nouveau connu des problèmes cet automne. Premièrement, le gouvernement provincial a annoncé qu’il ne garantirait pas l’emprunt par Énergie NB pour rebâtir le réacteur nucléaire de Pointe Lepreau puisque le premier ministre a déclaré qu’il ne voulait pas que la population du Nouveau-Brunswick dépense un sous de plus pour l’énergie nucléaire. Puis la Commission des entreprises de service public a recommandé de ne pas prolonger la durée de vie de Pointe Lepreau, concluant que malgré les garanties de rendement d’EACL, la proposition était trop risquée financièrement pour être dans l’intérêt du public. « Nous sommes préoccupés par le fait que le gouvernement fédéral puisse obliger les contribuables canadiens à accepter le risque financier de rebâtir Pointe Lepreau, que notre premier ministre et la Commission des entreprises de service public l’ont rejeté comme n’étant pas dans l’intérêt des Néo-Brunswickois, de dire David Coon, du Conseil de la conservation du Nouveau-Brunswick. Énergie Nouveau-Brunswick a affirmé qu’elle pourrait rebâtir Pointe Lepreau pour 845 millions de dollars en 18 mois, en utilisant EACL à titre d’entrepreneur général.

Entre-temps au Québec, Hydro-Québec prendra une décision sur l’avenir de Gentilly 2 au cours de la prochaine année. « Si la reconstruction de Pointe Lepreau est insensée du point de vue financier, c’est encore plus insensé au Québec où l’énergie nucléaire est déjà la source d’électricité la plus coûteuse », de dire Gordon Edwards, président de Regroupement pour la surveillance du nucléaire. Au moment de leur construction, M. Edwards a mentionné que l’on s’attendait à ce que Pointe Lepreau et Gentilly 2 fonctionnent pendant 40 ans; les deux réacteurs devront cependant être reconstruits ou fermés avant leur trentième anniversaire. « Un autre exemple qui montre combien il est insensé de compter sur les réacteurs CANDU pour produire l’électricité dont nous avons besoin », d’ajouter M. Edwards.

« Le Ministre Dhaliwal devrait tenir compte des leçons de l’histoire », d’affirmer Shawn-Patrick Stensil de Sortir du nucléaire. « L’industrie nucléaire a fait des promesses depuis 50 ans et ne les respecte pas. Il est temps que le gaspillage cesse. »

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Pour information :

Sortir du Nucléaire, 613-789-3634 (Ottawa)
Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick, , 506-461-1023 (Saint John)
Regroupement pour la surveillance du nucléaire, 514-853-5736 (Montréal)
Recherche nucléaire, Energy Probe, 416-964-3761 (Toronto)
Sierra Club du Canada, 613-241-4611 (Ottawa)


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