Sortir du Nucléaire



Communiqué
À diffuser le jeudi 6 decembre 2002


La Belgique adopte une loi afin de sortir du nucléaire


Ottawa -- La Chambre des représentants de Belgique a adopté aujourd’hui une loi dans le but de mettre fin à l’utilisation de l’énergie nucléaire et de fermer progressivement ses réacteurs nucléaires. La loi interdit la construction de nouveaux réacteurs nucléaires et limite à un maximum de 40 ans les permis des sept réacteurs du pays. Actuellement, 57 % de l’électricité de la Belgique est produite par les sept centrales nucléaires du pays.

Shawn-Patrick Stensil, coordonnateur de Sortir du nucléaire, s’est réjoui de l’initiative belge. « La décision de la Belgique constitue un nouveau signe du fait que le monde est en train d’abandonner l’énergie nucléaire. Après 50 ans de promesses et de désengagements par rapport à la fourniture d’électricité propre et à un prix abordable, plus personne ne prend au sérieux l’énergie nucléaire », a déclaré M. Stensil. « Et des pays comme la Belgique ont constaté que l’énergie nucléaire est une impasse; aujourd’hui, ils se tournent vers des solutions énergétiques sécuritaires, écologiques et fiables. »

En adoptant une loi de sortie progressive du nucléaire, la Belgique se joint à la majorité des pays de l’Union européenne qui n’ont pas recours à l’énergie nucléaire ou qui ont des projets pour éliminer progressivement leurs réacteurs nucléaires. En 2003, la Suisse prévoit tenir un référendum sur l’avenir de son programme d’énergie nucléaire.

Le Canada, a précisé M. Stensil, devrait prendre exemple sur la Belgique et l’Europe et éliminer progressivement ses réacteurs nucléaires. « Le Canada peut commencer dès maintenant à fermer ses réacteurs nucléaires. Nous pouvons commencer par renoncer à reconstruire et à remettre en marche les vieux réacteurs CANDU du Canada. Tournons le dos à l’énergie nucléaire et investissons dans des sources d’énergie sécuritaires et durables. » M. Stensil a souligné la tentative de remettre en marche les quatre réacteurs de Pickering-A comme étant un exemple de gaspillage de l’argent des contribuables. L’estimation des coûts liés à la remise en fonction des quatre réacteurs de Pickering-A, en Ontario, est montée en flèche de 800 millions à 2,5 milliards de dollars.

Au Canada, seuls l’Ontario, le Québec et le Nouveau-Brunswick possèdent des réacteurs nucléaires. Huit des vingt réacteurs de l’Ontario ont été fermés depuis 1997 en raison de leur performance insuffisante et de problèmes de sécurité. Les seuls autres réacteurs du Canada, celui de la station de Pointe-Lepreau, au Nouveau-Brunswick, et celui de Gentilly-2, au Québec, ont vieilli prématurément et doivent être soit reconstruits, soit abandonnés d’ici la fin de la décennie.

« Ce dont nous avons vraiment besoin, conclut M. Stensil, c’est d’un débat public sur l’avenir de l’énergie nucléaire au Canada. En dépit de 50 années de développement et des milliards de dollars de financement public, le Canada n’a jamais tenu de débat public sur la politique de l’énergie nucléaire. Après 50 ans, nous connaissons parfaitement bien les problèmes liés l’énergie nucléaire. Il est temps d’engager un débat ouvert et public. Les Belges l’ont fait. Pourquoi pas nous? »

Énergie atomique du Canada limitée, une société d’État du gouvernement fédéral, a reçu plus de 17 milliards de dollars en subventions au cours de ses 50 ans d’histoire.

On trouvera le texte français de la loi belge sur l’énergie nucléaire en consultant le site suivant:
www.lachambre.be/cgi-bin/docs.bat?1=f&dir=1910

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