Sortir du Nucléaire

Média : Gentilly–2
Aperçu de la couverture médiatique



Notez: La campagne Sortir du nucléaire est ni responsable du contenu de cet articles ni affiliée avec ses auteurs.
Note: The Campaign for Nuclear Phaseout is not responsible for the content of the following reports nor affiliated with its authors



Une question à 800 millions $ La Nouvelliste, 28 janvier 2003

Point-Lepreau: Une coalition demande le démantèlement, La Nouvelliste , 24 janvier 2003

Le nucléaire, un désastre économique? Le Devoir, 23 janvier 2003

Sortir du nucléaire publie un rapport, Le Nouvelliste (Trois-Rivières), 23 janvier 2003

Une aubaine à 800 millions $ La remise à neuf de la centrale Gentilly-2 pourrait être une bonne affaire pour Hydro-Québec, Le Nouvelliste (Trois-Rivières), 24 janvier 2003

«Sortir du nucléaire» réclame un débat public . La Belgique a adoptée une loi dans le but de mettre fin à l’utilisation de l’énergie nucléaire, La Nouvelliste, 7 decembre 2002

Gentilly 2 : Le moment de vérité, Voir-Montréal, Voir-Québec, 28 novembre 2002

Renouvellement du permis d’exploitation de la centrale nucléaire «Une licence probatoire et pour un temps limité», Le Nouvelliste, 15 novembre 2002

Gentilly reactor sparks license debate. Keep utility on short leash: lobbyists. The Gazette, November 15, 2002

Le glas de l’énergie nucléaire au Nouveau-Brunswick? L’Acadie Nouvelle, 25 septembre 2002

Quel avenir pour Gentilly-2 ? - Le Nouvelliste, 30 août 2002



haut

La Nouvelliste
28/01/2003

Une question à 800 millions $

Marc Rochette

Le conseil d’administration d’Hydro-Québec devra bientôt se “brancher” sur le sort qu’il réserve à la seule centrale nucléaire québécoise, Gentilly-2, de Bécancour. C’est qu’en opération depuis 1983, la durée de vie du réacteur CANDU est sur le point de tirer à sa fin. Or, plus le moment de décision approche, plus le choc des idées transpire sur la place publique.

La semaine dernière, un professeur responsable de la Chaire économique de l’énergie à l’Université Laval, Jean-Thomas Bernard, avançait que la remise à neuf de la centrale nucléaire pourrait finalement s’avérer une très bonne affaire pour la société d’État.

La condition? Ne pas excéder les 800 millions de dollars en investissements pour que ce soit rentable sur une période de 20 ans. Le coût de revient de chaque kilowattheure serait alors quatre fois moindre que les prochaines centrales à gaz et thermiques.

Or, cette opinion plutôt sympathique à l’idée d’une remise à neuf est survenue au lendemain d’une sortie effectuée par le groupe “Sortir du nucléaire”.

L’organisme s’était plu à rapporter qu’en septembre 2002, la Commission des entreprises de service public du Nouveau-Brunswick avait rejeté une proposition de 845 millions de dollars pour remettre à neuf le réacteur jumeau de Gentilly à la centrale nucléaire Pointe Lepreau.

Est-ce que les 650 mégawatts de la centrale de Bécancour sont si indispensables à Hydro-Québec? Est-ce que le jeu en vaut la chandelle au plan économique? Est-ce que les “verts” voient trop en noir?

Voilà autant d’interrogations qui devront un jour ou l’autre être ouvertement débattues. Des questions à 800 millions de dollars!



haut

La Nouvelliste
24 janvier 2003

Point-Lepreau: Une coalition demande le démantèlement

Macel Aubry

La toute nouvelle Coalition pour l’énergie verte du Nouveau-Brunswick qui vient d’être mise sur pied dans cette province demande au gouvernement du Nouveau-Brunswick de démanteler sa centrale nucléaire de Pointe-Lepreau à la fin de sa vie utile en 2006.

La nouvelle coalition environmentale demande aussi au gouvenement du premier ministre Bernard Lord de mettre en oeuvre une stratégie d’énergie verte pour sa province.

Le porte-parlole francophone de cette coalition, Daniel Leblanc, a mentionné, hier, que son groupe avait préparé une résolution élaborée afin de justifier les raisons pour lesquelles elle demandait au gouvernement du Nouveau-Brunswick de démanteler la seule centrale nucléaire du Canada Atlantique à la fin de sa vie utile en 2006.

Selon M. Leblanc, 16 groupes evironmentaux du Nouveau-Brunswick on déjà endossé cette résolution et la coalition va bientôt approcher les municipalités de la province pour obtenir leur appui.

La centrale nucléaire de Point-Lepreau, qui appartient et qui est exploité par Énergie NB, a débuté son exploitation commerciale en 1983, soit la même année que celle de Gentilly-2 à Bécancour.

M. Leblanc a affirmé, hier, que son exploitation commerciale avait commencé après de nombreaux surplus budgétaires et des retard répétés. Il a rappelé qu’initialement, la centrale devait fonctionner pendant 30 ans, mais qu’après 12 années de fonctionnement, le réacteur avait commencé à connaître de sérieux problèmes de fonctionnement et que sa performance s’était mise à se détériorer.

La coalition inivite actuellement le public à signer une pétition en ligne en faveur du démantèlement de Lepreau et de l’investissement dans les énergies alternatives en visitant leur site Web: www.energievertenb.org.



haut

Le Devoir
Édition du jeudi 23 janvier 2003

Le nucléaire, un désastre économique?

Louis-Gilles Francoeur

L’industrie nucléaire canadienne a survécu grâce à l’injection de 17,5 milliards de fonds publics, soutient David H. Martin dans une étude rendue publique hier et intitulée «Cinquante ans de subventions stériles».

Cette étude, parrainée par le groupe activiste Sortir du nucléaire, propose parmi ses principales recommandations de fermer la seule centrale nucléaire québécoise, Gentilly II, à Bécancour près de Trois-Rivières, pour y éviter une autre catastrophe économique similaire à ce qui s’est produit en Ontario. Hydro-Québec doit se prononcer prochainement sur la pertinence de remettre à neuf cette centrale de plus de 600 MW.

Pour le coordonnateur de Sortir du nucléaire, Shawn-Patrick Stensil, «la proposition de remise à neuf d’Énergie atomique du Canada [EACL] pour le réacteur de Gentilly II sera exactement comme celle pour (sic) le fiasco de la remise à neuf de la centrale nucléaire de Pickering, [qui accuse] un retard de trois ans et des coûts qui sont passés de 800 millions à 2,5 milliards. Le Québec n’a pas besoin d’un désastre pareil».

Au Nouveau-Brunswick, le projet de remise à neuf de la centrale nucléaire de Point Lepreau, au coût de 845 millions, a été rejeté par la Commission des entreprises de service public parce que trop coûteux et susceptible de dépassements imprévus importants.

Le livre de David H. Martin accuse le gouvernement fédéral d’avoir accordé sans débat public une subvention de 200 millions à EACL pour concevoir un nouveau prototype de réacteur Candu dit «avancé» qui ne semble pas, à son avis, promis à un grand avenir. EACL n’en réclame pas moins maintenant 500 nouveaux millions pour un autre mégaprojet nucléaire, le réacteur du Centre canadien de neutrons, ajoute David H. Martin.

En 50 ans, EACL a vendu 12 réacteurs, conclut l’étude. Son plan de relance de 1996, basé sur la vente de 10 autres réacteurs en 10 ans, semble éloigné de son objectif : pour l’instant, deux ont été vendus à la Chine et un à la Roumanie. Et ces trois ventes, précise M. Martin, ont été conclues parce que le Canada a déposé des garanties financières de 328 millions pour le réacteur roumain et de 1,5 milliard pour les deux réacteurs chinois.



haut

Le Nouvelliste (Trois-Rivières)
Actualités, jeudi 23 janvier 2003, p. 10

Sortir du nucléaire publie un rapport

Marcel Aubry

Trois-Rivières - L’organisme Sortir du nucléaire a souligné à sa façon, hier, le 50e anniversaire (en 2002) d’existence d’Énergie atomique du Canada Limitée (EACL) en rendant public un rapport intitulé: “Cinquante ans de subventions stériles”.

EACL est la société d’État canadienne qui assure la conception et la vente des réacteurs CANDU. Or dans son rapport publié hier, Sortir du nucléaire affirme que cette société d’État a bénéficié au cours de ses 50 premières années d’existence de subventions totalisant 17,5 milliards de dollars.

L’an dernier, a soutenu l’organisme, le gouvernement fédéral a donné à l’EACL sa plus importante subvention en 15 ans, soit 211,2 millions $. Sortir du nucléaire affirme du même coup que le gouvernement Chrétien a trahi ainsi un engagement pris lors du budget de 1996 pour limiter la subvention annuelle à 100 millions $.

“De toute évidence, note le rapport du groupe de pression, la reprise des subventions nucléaires fait partie de l’héritage que laisse le premier ministre Jean Chrétien à ses contribuables. On le décrit dans le document comme “un défenseur ardent et de longue date d’EACL et de CANDU”.

L’étude rendue publique, hier, examine aussi ce que le coordonnateur de l’organisme, Shawn-Patrick Stensil, appelle “les nombreuses erreurs techniques de l’EACL au cours de son demi-siècle d’existence”.

GENTILLY-2

Le rapport note qu’on s’attend à ce que le Conseil d’administration d’Hydro-Québec décide, au cours de l’année 2003, s’il va remettre à neuf Gentilly-2, le réacteur CANDU conçu par l’EACL et qui est en exploitation commerciale à Bécancour depuis octobre 1983.

Sortir du nucléaire, un groupe qui s’oppose farouchement à la réfection de la centrale et qui recommande d’éliminer Gentilly-2, note que l’AECL a fait le travail de réingénierie et gérerait probablement le projet de remise à neuf de Gentilly-2 si ce projet était mis de l’avant.

L’organisme mentionne que l’EACL a fait un projet de remise à neuf similaire pour le réacteur jumeau de Gentilly à la Centrale nucléaire Pointe-Lepreau au Nouveau-Brunswick. Or en septembre 2002, rappelle-t-il, la Commission des entreprises de service public du Nouveau-Brunswick rejetait la proposition de 845 millions $, disant qu’elle était “trop risquée et trop coûteuse”.

Selon Shawn-Patrick Stensil, la proposition de remise à neuf pour le réacteur de Gentilly-2 sera elle aussi “trop risquée et trop coûteuse”.

M. Stensil ajoute que l’EACL est largement responsable “pour le fiasco de la remise à neuf de la Centrale nucléaire de Pickering avec un retard de trois ans et des coûts qui sont passés de 800 millions $ à 2,5 milliards $”. Il soutient que “le Québec n’a pas besoin d’un désastre similaire”.

Catégorie : Actualités Taille : Court, 294 mots

(c) 2003 Le Nouvelliste. Tous droits réservés



haut

Le Nouvelliste (Trois-Rivières)
Les Affaires, vendredi 24 janvier 2003, p. 7

Une aubaine à 800 millions $ La remise à neuf de la centrale Gentilly-2 pourrait être une bonne affaire pour Hydro-Québec

Pierre Couture

Le Soleil - Remettre à neuf la centrale nucléaire Gentilly-2, de Bécancour pourrait finalement s’avérer une très bonne affaire pour Hydro-Québec, selon Jean-Thomas Bernard, professeur responsable de la Chaire économique de l’énergie à l’Université Laval.

D’ici quelques mois, le conseil d’administration de la société d’État devra se brancher sur le sort qu’elle réserve à la seule centrale nucléaire québécoise dont la puissance est de 650 mégawatts (MW).

En opération depuis 1983, la durée de vie du réacteur CANDU de la centrale tirera bientôt à sa fin. Le hic c’est que la remise à neuf du réacteur pourrait coûter à la société d’État plusieurs centaines de millions de dollars.

Au Nouveau-Brunswick, la centrale Pointe Lepreau dont le réacteur CANDU se veut identique à celui de Gentilly-2 est devenue un véritable boulet financier pour le gouvernement conservateur de Bernard Lord. Surtout depuis que la Commission des entreprises de service public a rejeté en septembre dernier la proposition de moderniser le réacteur de la centrale pour 845 millions $.

Depuis ce temps, Énergie NB cherche à conclure des ententes avec des partenaires privés et à ouvrir une ligne de transport d’électricité en lien direct avec l’État du Maine.

ÉNERGIE RENTABLE

Selon le professeur Bernard, le prix à payer pour remettre à neuf le réacteur de Gentilly-2 pourrait être très rentable à condition que les coûts de la facture ne dépassent pas les 800 millions $. “À ce prix-là, dit-il, moi j’embarque. Étalé sur 20 années d’activité à un taux d’utilisation de 90 % avec un taux d’intérêt de 8 %, le coût de revient de chaque kilowattheure se chiffre à environ 1,5 C’est une vraie aubaine en pensant que les prochaines centrales d’Hydro (gaz et thermique) produiront chaque kilowattheure à 6 L’énergie nucléaire reste donc, pour le moment, très rentable.”

Jean-Thomas Bernard reconnaît toutefois que sur la puissance totale de la société d’État, les 650 MW de la centrale Gentilly-2 ne font pas le poids. Hydro-Québec pourrait donc être tentée de se débarrasser de son unique centrale nucléaire, question de se donner bonne conscience.

“Mais n’oublions pas que la capacité de développement de l’hydraulique est maintenant très limitée pour Hydro-Québec. On le voit déjà avec leurs projets de centrales thermique. Le puits sans fond de l’hydroélectricité a atteint ses limites”, poursuit-il.

TROP TÔT

Chez Hydro-Québec, la porte-parole Marcelle Trépanier soutient qu’il est encore trop tôt pour prendre une décision finale dans ce dossier. “Nous en sommes encore à produire des études environnementales et à faire le bilan des équipements. On est loin d’avoir une idée de la facture totale”, précise-t-elle.

Mme Trépanier s’attend toutefois à ce que le prix de la facture soit salée. “C’est évident que ça ne coûtera pas deux millions $.”

Illustration(s) :

Image-Média Mauricie Même si cela pourrait impliquer des coûts de 800 millions $, la remise à neuf de la centrale Gentilly-2 pourrait être une bonne affaire.

Catégorie : Économie Sujet(s) uniforme(s) : Industries de l’énergie; Sociétés d’état et entreprises publiques Taille : Moyen, 345 mots

(c) 2003 Le Nouvelliste. Tous droits réservés.



haut

La Nouvelliste
Samedi 7 decembre 2002

«Sortir du nucléaire» réclame un débat public
La Belgique a adoptée une loi dans le but de mettre fin à l’utilisation de l’énergie nucléaire

Marcel Aubry

Bécancour

Le coordonnateur de l’organisme ´Sortir du nucléaireª, Shawn-Patrick Stensil, a profité d’une loi adoptée en Belgique, hier, pour réclamer un débat public sur l’avenir de l’énergie nucléaire au Canada.

Selon M. Stensil, en dépit de 50 années de développement et des milliards de dollars de financement public, le Canada n’a jamais tenu de débat public sur la politique de l’énergie nucléaire. “

Après 50 ans, nous connaissons parfaitement bien les problèmes liés à l’énergie nucléaire. Il est temps d’engager un débat ouvert et public. Les Belges l’ont fait. Pourquoi pas nous?”, a demandé M. Stensil, en affirmant que Énergie atomique du Canada limitée (ÉACL), une société d’État du gouvernement fédéral, avait reçu plus de 17 milliards de dollars en subventions au cours de ses 50 ans d’histoire.

M. Stensil a rappelé qu’au Canada, seuls l’Ontario, le Québec et le Nouveau- Brunswick possèdent des réacteurs nucléaires. “Huit des 20 réacteurs de l’Ontario ont été fermés depuis 1997 en raison de leur performance insuffisante et de problèmes de sécurité. Les seuls autres réacteurs du Canada, celui de la station d e P o i n t e - L e p r e a u , a u N o u v e a u - Brunswick, et celui de Gentilly-2, au Québec, ont vieilli prématurément et doivent être soit reconstruits, soit abandonnés d’ici la fin de la décennie”, a indiqué M. Stensil.

Ce dernier réagissait ainsi à la loi adoptée, hier, par la Chambre des représentants de Belgique dans le but de mettre fin à l’utilisation de l’énergie nucléaire et de fermer progressivement ses réacteurs nucléaires. La loi interdit la construction de nouveaux réacteurs nucléaires et limite à un maximum de 40 ans les permis des sept réacteurs du pays.

Actuellement, selon M. Stensil, 57 % de l’énergie de la Belgique est produite par les sept centrales nucléaires du pays. Le coordonnateur de ´Sortir du nucléaire ª estime que la décision de la Belgique constitue un nouveau signe du fait que le monde est en train d’abandonner l’énergie nucléaire. Il ajoute que des pays comme la Belgique ont constaté que l’énergie nucléaire est une impasse et que ces pays se tournent aujourd’hui vers “des solutions énergétiques sécuritaires, écologiques et fiables.”

En adoptant une loi de sortie progressive du nucléaire, a fait valoir M. Stensil, la Belgique se joint à la majorité des pays de l’Union européenne qui n’ont pas recours à l’énergie nucléaire ou qui ont des projets pour éliminer progressivement leurs réacteurs nucléaires.

En 2003, la Suisse prévoit tenir un référendum sur l’avenir de son programme d’énergie nucléaire.·



haut

Voir-Montréal, Voir-Québec
28 novembre 2002

Gentilly 2
Le moment de vérité


Claude Giguère

Les intentions des autorités dans le dossier de Gentilly-2 semblent entourées de secret, les questions liées à la sécurité, à la pollution ou à l’entreposage de déchets radioactifs sur les berges du Saint-Laurent ayant l’heur de faire fuir porte-parole et représentants officiels. Du côté des citoyens directement concernés, certains optent pour une douce indifférence alors que d’autres versent dans la fatalité. S’il est décidé d’aller de l’avant avec un réinvestissement massif, des travaux de 18 mois seront nécessaires vers 2008-2009, ce qui permettra d’étirer la vie utile de la centrale de 20 ou 30 ans.

Gentilly-2 est située à Bécancour, sur la berge sud du fleuve Saint-Laurent, entre Québec et Montréal, à quelques kilomètres de Trois-Rivières. Mise en activité en 1983 et dotée d’une puissance de 975 MW, la centrale et son réacteur CANDU fournissent moins de 3 % de l’électricité de la province. Ils rejettent des effluents liquides dans le fleuve Saint-Laurent et de faibles émissions atmosphériques contenant du tritium, une forme radioactive d’hydrogène. C’est sans compter sur les déchets de combustion, de l’uranium fortement radioactif que l’on entasse depuis le milieu des années 90 dans des silos extérieurs, soit depuis que les piscines internes de stockage sont remplies à pleine capacité. Pour 2001, un document interne fait état de la production de 155 m3 de déchets radioactifs contre 40 m3 en 1999 et 60 m3 en 1997. Les gestionnaires de la centrale affirment qu’il s’agit de l’une des plus sécuritaires au monde - elle serait capable d’encaisser le choc d’un gros avion et, en dernier recours, un réservoir de centaines de milliers de litres d’eau s’effondrera sur l’installation pour confiner les radiations.

Renouvellement de permis

Le permis d’exploitation de Gentilly-2, accordé à Hydro-Québec par la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), est régulièrement reconduit pour des périodes de deux ans. Le dernier en lice arrivant à échéance en décembre, H.-Q. a surpris en demandant un prolongement de cinq ans. Les commentaires recueillis auprès de la CCSN laissent entendre qu’un nouveau permis de quatre ans sera accordé avec conditions, malgré certaines failles mises en lumière au chapitre de la sécurité et de la protection de l’environnement. Des groupes de pression craignent qu’H.-Q. ait agi de la sorte afin de pas avoir à revenir de sitôt devant la CCSN, ce qui lui permettrait de plancher dans l’anonymat sur son projet de réfection de la centrale. Les estimations du coût de cette reconstruction varient de quelques centaines de millions à 2,5 milliards $.

Le ministère de l’Environnement a bien reçu le printemps dernier un avis faisant état d’un “projet de réfection de Gentilly-2 et de l’agrandissement de l’aire de stockage des déchets radioactifs par Hydro-Québec” mais, pour les détails, on repassera. Car, autant du côté de la société d’État que de celui du gouvernement provincial, on se fait discret sur la question. “Des études techniques, financières et environnementales sont bien en cours à ce sujet et aucune décision ne sera prise avant la fin de leur réalisation d’ici un an”, a dit Marcelle Trépannier, une porte-parole chez H.-Q. D’autre part, le cabinet de la ministre déléguée à l’Énergie n’a pas retourné les appels faits à son bureau pour vérifier son orientation dans le dossier. Jules Thibeault, directeur général de la Ville de Bécancour, a aussi refusé, en l’absence du maire Richard, de commenter le dossier. Et ce n’est pas dans les rapports annuels ou plans stratégiques d’H.-Q. que l’on en apprendra plus tellement le sujet semble y être occulté: à peine en glisse-t-on quelques mots.

Sécurité et environnement: des failles mises en lumière

Les agents de la CCSN ont recommandé aux commissaires de l’organisme de renouveler le permis de Gentilly-2 pour quatre ans tout en identifiant certains problèmes dans la gestion de la centrale. “Malgré que nous ayons décelé des défaillances et que nous ayons desreproches à faire au chapitre de la sécurité, nos agents recommandent un renouvellement de quatre ans”, a expliqué lors de la clôture des audiences Michel Cléroux, relationniste de la CCSN, ajoutant lors de l’entretien que “la décision finale sera connue d’ici quelques jours”.

Lors des audiences, Jim Blyth, directeur général de la Direction de la réglementation des centrales nucléaires pour la CCSN, a expliqué à propos de Gentilly-2 que “quelques aspects de la performance sont inférieurs aux exigences de la CCSN et ont reçu une note C: gestion des arrêts, santé et sécurité non radiologiques, assurance de la qualité, facteurs humains, formation, examens et accréditations, radioprotection et protection de l’environnement”, le programme de surveillance dans ce dernier cas n’ayant pas non plus atteint les exigences émises précédemment. On fait état de 62 altérations temporaires à la centrale en date de juin 2002 et c’est le vieillissement prématuré des tubes de force, le déplacement des ressorts espaceurs et le taux de capture de deutérium qui inquiètent le plus pour ceux que la chose technique intéresse.

Du côté de la population de Bécancour et des environs de la centrale, un calme relatif règne, même avec l’annonce par les autorités d’une distribution massive de capsules d’iode dont la prise rapide en cas d’accident nucléaire permet de protéger contre un cancer de la glande thyroïde. Pierre Duplessis est producteur maraîcher depuis plus de 20 ans et malgré la proximité de ses terres avec Gentilly-2 - trois kilomètres -, il se dit paisible. “Notre perception du nucléaire n’est pas nécessairement négative, c’est plutôt le dossier des porcheries qui amène des levées de boucliers dans la région! Je dirais même qu’il y a plus à craindre de notre parc industriel où il y a de grosses usines polluantes et où le risque d’un déversement toxique à la suite d’un accident ferroviaire est réel, explique celui qui est aussi conseiller municipal à Bécancour. Je suis de ceux qui ont un très haut niveau de confiance envers les organismes de contrôle mais oui, il nous arrive de penser à la possibilité d’une catastrophe. Nul n’est à l’abri d’un accident, et dans ce cas-là on se dit qu’on y passerait tous. Mais ce n’est pas parce que c’est arrivé à Tchernobyl que ça se reproduira ici!”

André Leblanc, de la ferme La Butineuse, explique pour sa part que la centrale “fait partie du décor”. Situé à une douzaine de kilomètres des installations, il se rassure en se disant que ses abeilles ne vont pas butiner si loin. En ce qui concerne les risques de catastrophe nucléaire, l’apiculteur y va de calculs sur les habitudes des courants aériens. “Il ne faudrait pas que les vents aillent direction nord-est si ça arrive, mais on ne se pose pas la question trop souvent.” En ce qui concerne le projet de réfection de la centrale, M. Leblanc se dit mal informé sur le sujet. “Il y a les risques liés à la guerre et l’entreposage des déchets nucléaires pose problème, mais il faut aussi tenir compte de l’importance de la centrale pour l’économie de la région”, ajoute-t-il en faisant référence aux 750 employés de Gentilly-2.

Ce à quoi réplique Shaw Stensil, porte-parole de Sortir du nucléaire, une coalition de quelques centaines de groupes civils s’étant opposés devant la CCSN au renouvellement prolongé du permis de Gentilly-2 et à la réfection prochaine de la centrale. “Le Québec devrait donner l’exemple au reste de l’Amérique du Nord en se déclarant exempt de toute forme d’énergie nucléaire. L’Allemagne, la Suède et la Belgique abandonnent graduellement leurs réacteurs nucléaires, même s’ils dépendent beaucoup plus de cette forme d’énergie que nous. La Suède tiendra un référendum sur l’avenir de ses réacteurs en 2003. Il n’y a aucune raison pour laquelle le Québec ne pourrait pas montrer l’exemple au Canada et à l’Amérique du Nord.”

Samuel Moisan-Domm, membre de l’exécutif des Amis de la Terre de Québec, met lui aussi en cause le projet de réfection de Gentilly-2. “Il y a vraiment un manque de vision et de leadership au Québec à ce sujet. Ce qui est nécessaire, c’est un large débat public sur la production de l’énergie. Si on avait un gouvernement responsable, il consulterait la population et l’écouterait. Nous avons un immense potentiel éolien qui n’est pratiquement pas exploité et peu est fait pour conserver l’énergie. Cessons de construire des infrastructures de production d’énergie sale et démantelons Gentilly-2”, plaide-t-il, écorchant au passage les projets de centrales thermiques dont Hydro-Québec se fait aussi promoteur.

Pour l’instant, en comptant l’installation mono-réactée de Bécancour, le Canada compte sept centrales et 22 réacteurs nucléaires. Une quinzaine d’installations minières d’uranium sont également autorisées par la CCSN pour, d’une part, nourrir les réacteurs canadiens, mais aussi dans le but d’exporter à l’échelle internationale le dangereux combustible.

Pour plus d’information:

Commission canadienne de la sûreté nucléaire: www.nuclearsafety.gc.ca
Énergie atomique du Canada ltée.: www.aecl.ca
Groupe des propriétaires de CANDU: www.candu.org
Hydro-Québec: www.hydro.qc.ca
Sortir du nucléaire: www.sortirdunucleaire.ca
Regroupement pour la surveillance du nucléaire: www.ccnr.org
Amis de la Terre: http://www.clic.net/~atquebec/



haut

Le Nouvelliste
15/11/2002

Renouvellement du permis d’exploitation de la centrale nucléaire
«Une licence probatoire et pour un temps limité»

Marcel Aubry

Bécancour

Quelques groupes ont manifesté leur opposition, hier, à Ottawa, à la demande d’Hydro-Québec de renouveler le permis d’exploitation de la centrale nucléaire de Gentilly-2 pour une période de cinq ans. Le permis actuel, d’une durée de deux ans et deux mois, viendra à échéance à la fin de 2002. La Commission canadienne de sûreté nucléaire avait tenu une première journée d’audience sur le sujet, le 12 septembre. Hydro-Québec avait alors présenté un mémoire dans lequel elle traçait le bilan de l’exploitation de Gentilly-2 durant les dernières années.

Hier, c’était surtout aux groupes d’opposition à se faire entendre. D’une voix concertée, ils ont soutenu que cette demande de renouvellement, pour une durée de cinq ans, devrait être rejetée.

Ces groupes ont dit trouver scandaleux que le personnel de la Commission canadienne de la Sûreté nucléaire (CCSN) ait recommandé de renouveler pour quatre ans la licence de Gentilly-2, même si, a-t-on souligné, «elle a donné de mauvaises notes à Hydro-Québec pour sa mauvaise performance face aux programmes de radioprotection, d’assurance de la qualité et du suivi environnemental».

«Pourquoi la CCSN récompenserait-elle Hydro-Québec, qui a négligé sa responsabilité de protéger le public?», a demandé Patrick Rasmussen du Mouvement Vert Mauricie. Il a imagé son propos en disant que si quelqu’un obtenait de mauvaises notes et qu’il relâchait ses efforts à l’école, on allait le placer en cours de rattrapage. Selon lui, dans un souci de sécurité publique, la CCSN devrait donner une licence probatoire et pour un temps limité à Gentilly-2.

M. Rasmussen a également noté que Hydro-Québec n’avait pas réussi à créer le fonds de déclassement nécessaire, tel que stipulé par sa licence. «Gentilly-2 pourrait fermer de façon permanente dans six ans, de dire M. Rasmussen. La CCSN devrait appliquer ses propres règles et forcer Hydro-Québec à réunir le financement nécessité par les activités de déclassement.»

PAS PLUS DE SIX MOIS

De son côté, le président du Regroupement pour la surveillance du nucléaire (RSN), M. Gordon Edwards, a exprimé l’avis que les réacteurs nucléaires étaient plus dangereux au fur et à mesure qu’ils vieillissaient. Selon lui, étant donné la nature du vieillissement prématuré de la centrale et les nombreuses questions de conformité non résolues, la licence de Gentilly-2 ne devrait pas dépasser six mois.

Gentilly-2, comme tous les autres réacteurs CANDU, a mal vieilli, soutient M. Edwards. Il signale qu’à l’origine, on croyait que la centrale nucléaire allait fonctionner pendant 40 ans. Or cette centrale, d’une puissance brute de 675 mégawatts, n’est en exploitation commerciale que depuis octobre 1983 et on s’apprête déjà à décider, signale-t-il, si on va la fermer en permanence ou si on va la reconstruire. Si on y allait avec cette seconde hypothèse, allègue-t-il, les coûts pourraient s’élever à plusieurs milliards de dollars.

À titre d’exemple, M. Edwards cite le cas des quatre réacteurs de Pickering A, en Ontario, dont les coûts de redémarrage avaient déjà été estimés à 800 millions $. Il mentionne que ces coûts ont monté en flèche depuis et qu’on parle maintenant de coûts de plus de 2,5 milliards $.

JUSQU’EN 2035

Au Québec, la décision de procéder ou non à la réfection de Gentilly-2 doit être prise à l’automne 2003 par le conseil d’administration d’Hydro-Québec. Si celui-ci décidait d’aller de l’avant avec le projet, l’objectif serait de prolonger la vie utile de la centrale de façon fiable jusqu’à l’horizon 2035.

Pour René Coignaud, responsable du changement climatique pour ENvironnement JEUnesse (ENJEU), la CCSN ne devrait pas présumer que Gentilly-2 continuera de fonctionner au-delà de 2008. Selon lui, la CCSN a une responsabilité de voir à ce que, à compter de maintenant, Hydro-Québec soit prête à fermer de façon sécuritaire et à déclasser la centrale.

Pour sa part, Shawn-Patrick Stensil de Sortir du Nucléaire croit que le Québec devrait donner l’exemple au reste de l’Amérique du Nord. Il fait valoir que l’Allemagne, la Suède et la Belgique abandonnent graduellement leurs réacteurs nucléaires, même s’ils dépendent beaucoup plus de l’énergie nucléaire que le Québec. La Suède tiendra un référendum sur l’avenir de ses réacteurs en 2003.

Il n’y a aucune raison, selon M. Stensil, pour que le Québec ne donne pas l’exemple au Canada et à l’Amérique du Nord en éliminant progressivement l’énergie nucléaire.



haut

The Gazette (Montreal)
Friday, November 15, 2002

Gentilly reactor sparks license debate. Keep utility on short leash: lobbyists.
‘Why is the CNSC rewarding Hydro-Québec for shirking its responsibility?’ a critic asks

Elizabeth Thompson

Hydro-Québec’s Gentilly II nuclear plant should be kept on a short leash by the Canadian Nuclear Safety Commission, because the aging plant has a shoddy performance in safety and environmental protection, a coalition of environmental groups said yesterday.

Moreover, the utility should begin preparing to shut down and decommission the plant within five years, they added.

Yesterday, members of groups including the Campaign for Nuclear Phaseout, the Mouvement Vert Mauricie and Environnement Jeunesse, testified before the nuclear-safety commission to oppose Hydro-Québec’s application for a five-year extension to its license to operate the plant, located in Bécancoeur.

The permit expires on Dec. 31. Without an overhaul, the plant’s expected lifespan is until 2010.

In testimony before the commission on Sept. 12, inspectors from the commission said the plant is essentially being run safely and recommended its license be renewed for four years.

However, they said the plant does fail in several areas to respect norms imposed by the commission. When it came to such areas as the management of stoppages, non-radiological health and safety, quality assurance, human factors, training, exams and accreditation, radiation protection and protection of the environment, the officials gave Gentilly II a grade of C - inferior to the requirements.

In some cases, the plant’s written procedures respected norms but they weren’t being followed by employees.

In testimony before the commission in September, Hydro-Québec officials detailed steps it has taken to improve security.

“The different elements presented show our good performance from the point of view of security,” said Mario Désilets, who is in charge of the plant.

However, if the plant doesn’t respect all the norms, it shouldn’t be rewarded with an unusually lengthy renewal of its license, said the environmental groups, pointing out that the standard renewal period is two years.

“Why is the CNSC rewarding Hydro-Québec for shirking its responsibility to protect the public,” said Patrick Rasmussen of the Mouvement Vert Mauricie.

“If you get consistently bad marks and slack off at school, you get put on academic probation.”

Rasmussen, a psychologist, said the plant’s safety is a significant source of stress for people living and working in the area.


© Copyright 2002 Montreal Gazette



haut

L’Acadie Nouvelle
25 septembre 2002


Le glas de l’énergie nucléaire au Nouveau-Brunswick?

Presse Canadienne

FREDERICTON - L’ère de l’énergie nucléaire dans les provinces atlantiques pourrait bien tirer à sa fin.

La Commission des entreprises de service public du Nouveau-Brunswick a rejeté un plan de rénovation de la centrale vieillissante de Pointe Lepreau, affirmant que cette remise à neuf, qui coûterait 845 millions $, comporte des risques financiers et n’est pas dans l’intérêt public.

Il s’agit seulement d’une recommandation à l’intention d’Énergie NB, la société de la Couronne qui exploite la centrale, mais des observateurs pensent qu’elle sonne le glas de la seule centrale nucléaire du Canada atlantique - et peut-être de l’ensemble de l’industrie nucléaire au pays.

Selon David Martin, conseiller auprès du groupe écologiste Sierra Club du Canada, il n’y aura jamais d’autre construction de centrales nucléaires au Canada. Le programme nucléaire canadien «n’a pas d’avenir», aussi bien ici qu’à l’étranger, dit-il. David Coon, du Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick, un groupe écologiste opposé à la modernisation de Pointe Lepreau, voudrait que la province mette la clé dans la porte de la centrale à la fin de sa durée de vie prévue, soit en 2006.

Sa fermeture éliminerait enfin tout risque d’accident nucléaire dans les provinces atlantiques, souligne-t-il. La centrale, construite il y a 18 ans dans le sud du Nouveau-Brunswick, avait été conçue pour servir de vitrine du savoir-faire canadien en matière d’énergie nucléaire, et l’industrie l’utilisait comme démonstrateur pour le marché de l’exportation.

Cependant, au cours des dix dernières années, la centrale prématurément vieillie a connu plus que sa part de pannes et de réparations coûteuses. Les rénovations proposées en prolongeraient l’existence pendant encore 25 ans. Ken Little, vice-président chez Énergie NB, affirme que la société de la Couronne n’est pas prête à laisser mourir Pointe-Lepreau.

De son côté, Jeannot Volpe, le ministre de l’Énergie, a indiqué que la province attendra pour voir si des intérêts privés seraient intéressés à venir à la rescousse de la centrale. «D’ici la fin de l’année, si personne n’est intéressé (…) ce sera un indice que, peut-être, nous ne devrions pas investir dans ce projet», a-t-il dit. Mais selon M. Coon, il demeure possible que le gouvernement fédéral et Énergie atomique du Canada interviennent pour garder Pointe Lepreau ouverte, ne serait-ce que pour rassurer les pays qui ont acheté un réacteur Candu.

En fait, croit-il, c’est surtout Énergie atomique du Canada qui a le plus intérêt à la survie de Pointe Lepreau. Maintenant qu’il est possible que la centrale soit mise au rancart, cela envoie le message aux autres pays qu’il ne serait peut-être pas dans leur intérêt de prolonger la vie de leur réacteur Candu.



haut

Le Nouvelliste
Le vendredi 30 août 2002

Quel avenir pour Gentilly-2 ?

Christiane St-Pierre


“Pré-distribution des comprimés d’iode, mesures de protection du personnel d’urgence et de la population autour des centrales nucléaires”. Ces seuls mots suffisent à soulever l’inquiétude dans la population environnante.


Chaque fois qu’il est question de sécurité à la centrale, l’intérêt des médias et des citoyens est manifeste. Plus tôt cette semaine, la Régie régionale de la santé et des services sociaux confirmait une nouvelle mesure de prévention en cas d’accident nucléaire issue d’une mission menée auprès des Français et des Belges l’an dernier.

Les préoccupations sanitaires de la Régie régionale, tout comme les réunions mensuelles que tient Hydro-Québec avec les élus municipaux, traduisent une gestion responsable d’une usine peu commune. En même temps, les actions posées autour de la sécurité révèlent la difficile cohabitation de riverains avec une centrale dans le paysage rural de Bécancour.

Gentilly-2 vieillit. L’an prochain elle aura 20 ans. Bientôt, ses installations nécessiteront une évaluation. Elles obligeront son exploitant, Hydro-Québec, à choisir : rénover la centrale ou la fermer. Cette étape constituera une occasion de tenir des audiences publiques et de réfléchir sur la pertinence d’opérer Gentilly-2. Voulons-nous toujours d’une centrale nucléaire?

Souvent dépassés par la complexité du nucléaire et de ses procédés, on comprend que les citoyens soient ambigus et parfois perplexes sur la présence d’une centrale nucléaire. Malgré d’importantes normes de sécurité, les accidents nucléaires frappent l’imaginaire et entretiennent une perception négative. Participer au débat permettrait aux citoyens d’intervenir plus directement sur l’intérêt de cohabiter avec cette centrale et d’évaluer sa pérennité.

À la dernière minute, le Sommet de Johannesburg a dû ajouter à sa liste de sujets, l’énergie dans les priorités de l’ordre du jour. Comme la consommation mondiale d’énergie devrait augmenter de soixante pour cent d’ici 2020, toute la question des effets sur l’environnement préoccupent de plus en plus de gens. Récemment, les États-Unis ont lancé l’initiative “ Nuclear Power 2010 “ qui souhaite construire de nouvelles centrales nucléaires dans les prochaines années. Les pannes de courant en Californie ont amené une vague de sympathie sur le nucléaire et procure aux américains une plus grande autonomie sur l’approvisionnement en électricité. En Europe, les susceptibilités liées au nucléaire soulèvent de vifs débats de société. Grands consommateurs d’énergie, plusieurs pays d’Europe ralentissent leurs programmes nucléaires. Quelques uns d’entre eux ont annoncé la fin du nucléaire civil pour des raisons écologiques. Il a y deux semaines, la Belgique a décidé de désactiver ses centrales nucléaires lorsqu’elles auront terminé leur cycle de fonctionnement. L’Allemagne, la Suède, la Suisse et les Pays-Bas ont aussi dit non au nucléaire. Les déchets radioactifs qu’engendrent les centrales nucléaires sont au cour des préoccupations politiques et économiques.

Plus près de nous, un projet de loi fédéral obligera, par l’entremise d’un organisme indépendant, les sociétés de production nucléaire à gérer les déchets situées en Ontario, au Nouveau-Brunswick et au Québec. Non seulement elles devront donner des garanties financières mais devront s’entendre pour trouver un site commun afin d’entreposer les combustibles radioactifs.

L’incapacité de réduire à zéro le risque d’un accident et les déchets créés par les centrales nucléaires constituent des raisons pour chercher des solutions plus écologiques. Virer au vert est une chose. Mais les énergies renouvelables, à savoir l’énergie éolienne, solaire, hydraulique et géothermique présentent encore des défis techniques et financiers non négligeables. Ces combustibles pourraient toutefois nous permettent, à une petite échelle, de commencer à diversifier notre production et à remettre en question notre grande consommation d’énergie électrique.

En attendant, l’avenir de Gentilly-2 ne se limite pas à une décision à court terme mais engage les générations à venir. Nous devrons interroger la facilité avec laquelle nous pelletons les problèmes dans la cour des autres. Depuis 1983 que Gentilly-2 est en opération et nous n’avons toujours pas trouver de site permanent.

Lorsqu’il sera question de débattre de la pertinence de la seule centrale nucléaire du Québec nous pourrions observer, comparer et réfléchir sur ce que nous voulons laisser aux futures générations. Une réflexion nécessaire pour l’environnement régional.




SN
> Gentilly-2 > média

L'adresse électronique de Sortir du Nucléaire est : sn@cnp.ca